Les Misérables : Du défi de transposer le roman en bande-dessinée (Partie 3) : Le Chant de l'Alouette ou le point de vue féminin
Dans le pays on l'appelait l'Alouette. Le peuple, qui aime les figures, s'était plu à nommer de ce nom ce petit être pas plus gros qu'un oiseau, tremblant, effarouché et frissonnant, éveillé le premier chaque matin dans la maison et dans le village, toujours dans la rue ou dans les champs avant l'aube.
Seulement la pauvre Alouette ne chantait jamais.
/image%2F1165695%2F20260718%2Fob_351f85_adrien-emmanuel-marie-thenardiers-tw.jpg)
Adapter Les Misérables serait-il plutôt l'apanage des hommes ? Dans la longue liste des adaptations, cette impression reste marquée par la forte présence de réalisateurs masculins : Albert Capellani, Henri Fescourt, Raymond Bernard, Jean-Paul Le Chanois, Marcel Bluwal, Robert Hossein, Claude Lelouch, Eric Besnard et enfin Fred Cavayé... pour ne citer que les productions françaises. La seule femme qui se détache de cette équipe est Josée Dayan, réalisatrice de la controversée série TV du début des années 2000. Parmi les adaptations à l'étranger, on peut également citer Tatyana Lukashevich qui tourna en 1937 un film soviétique intitulé Gavrosh qui se focalise sur l'épisode des barricades (inédit en France) et un court-métrage ukrainien, toujours centré sur Gavroche, tourné en 1966 ou 1986 (les informations divergent sur sa date de production) par Iryna Hurvych.
Concernant les adaptations en bande-dessinées, ce fut également pendant longtemps un secteur réservé aux hommes. Même lorsque le public cible se féminise : les one-shot japonais des années 50-60 que je cite dans ma Partie 1 ont tous été illustrés par des dessinateurs masculins. Puis, peu à peu, le domaine s'est féminisé, peut-être à la suite du succès mondial de la comédie musicale ou tout simplement parce que les dessinatrices ont pris leurs marques au sein de la profession. Cet exemple est toutefois surtout propre au Japon et concerne une période finalement très contemporaine. Après les premières tentatives des années 50, le milieu de la BD nippone semble, à la manière de ce qu'il s'est produit en France, se désintéresser du roman - si l'on excepte bien sûr le gag manga de Minamoto en 1973. Et voilà qu'à l'aube du XXIe siècle, une dessinatrice décide soudainement d'utiliser ce récit déjà vieux de près d'un siècle et demi, pour créer sa prochaine œuvre.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_52a818_1632140541-kanako-inuki.jpg)
Cette dessinatrice se nomme Kanako Inuki. Elle est née en 1958 à Hokkaido et publie ses bandes-dessinées au moins depuis la fin des années 80, majoritairement dans des magazines à destination d'un public féminin adolescent. Elle se spéciale dès le départ dans les récits horrifiques en puisant dans les traditions et le folklore japonais, ce qui lui vaudra le surnom de ''Reine de l'horreur'' ou ''Reine du manga d'horreur''. Son style développe différents aspects dans lesquels l'horreur peut se voir impliqué : il peut s'agir tout autant de figures inquiétantes ou angoissantes (à l'exemple de Kuchisake-Onna, ''la femme à la bouche fendue'', un personnage issu à l'origine d'une légende urbaine) que de situations abruptes qui placent le personnage en grand danger voire de violence psychologique. Cette ambiance d'horreur, qu'elle soit graphique, situationnelle ou psychologique, Inuki aime la saupoudrer d'un humour mordant et cynique. Ses personnages subissent les pires épreuves possibles, des sévices qu'on ne souhaiterait même pas infliger à son pire ennemi, et n'en ressortent que rarement indemnes.
Il faut dire qu'Inuki sait de qui tenir : dans ses interviews, elle cite deux noms en particulier qui ont nourri à la fois sa vocation et son goût pour l'horreur. Enfant puis jeune fille, elle lisait essentiellement les œuvres d'Hideshi Hino et de Kazuo Umezu, deux piliers de la BD d'horreur au Japon à cette époque. À l'époque où chacun des deux commence sa carrière - les années 50 pour Umezu et les années 60 pour Hino - le manga destiné aux filles est essentiellement un milieu masculin. Les autrices ne commenceront à s'imposer qu'à la fin des années 60 et surtout au cours des années 70. On a parfois du mal à le croire, lorsqu'on connaît certains de leurs titres les plus emblématiques, mais ils ont bel et bien longuement travaillé pour des magazines dont le cœur de cible était les jeunes filles, voire les fillettes. En France d'ailleurs, où ils commencèrent à être publiés au milieu des années 2000, la cible éditoriale devint mixte et surtout à destination d'un public essentiellement adulte et avide de curiosités scandaleuses. Hino s'y prêtait tout particulièrement.
À l'époque, les éditeurs français commençaient à traduire des titres dont la parution au Japon remontait au moins aux années 80 et qui n'avaient pas connu d'adaptation animée du temps de Récré A2 ou du Club Dorothée. Ils profitaient notamment des rééditions au Japon dans des formats plus économiques, à destination d'un public nostalgique qui voulait redécouvrir ces œuvres de jeunesse. Le public francophone découvrit de cette manière deux classiques de Kazuo Umezu : Baptism et l'École emportée, tous deux parus chez Glénat entre 2004 et 2006. À la même époque, l'éditeur indépendant IMHO édita des titres plus tardifs d'Hideshi Hino : Serpent rouge et Panorama de l'Enfer datent des années 80 et sont publiés dans des magazines destinés à un lectorat beaucoup plus âgé. En même temps, Hino y développe ici des récits particulièrement effrayants et malsains, où dégoût, folie et déformations corporelles ont le champ libre.
À côté de ces deux maîtres du genre, Kanako Inuki se fait beaucoup plus discrète sur le marché francophone. Une grande partie de son œuvre reste tristement inédite et son nom est rarement cité dans les ouvrages et magazines spécialisés, un peu comme si sa carrière ne pouvait intéresser le lectorat francophone. À la place, les éditeurs français lui ont préféré des auteurs plus jeunes comme Shintarô Kago ou Junji Itô, des spécialistes du genre eroguro comme Suehiro Maruo, les adaptations lovecraftiennes de Gô Tanabe. Bref, en France tout du moins, l'horreur semble l'apanage des auteurs masculins, qui se mélange d'ailleurs assez souvent avec des récits de type thriller. Inuki n'a ainsi eu droit qu'à deux éditions désormais épuisées chez Tonkam, au début des années 2000 : La Femme défigurée et L'Étrange petite Tatari. Soit un peu en même temps que les premières traductions françaises de ses modèles. Bien maigre compensation pour la ''Reine de l'horreur''.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_d415a0_images-2.jpg)
Ironiquement, son titre le plus à même d'être compris par un lectorat français est resté confiné au Japon ! Peut-être parce que les éditeurs estimaient qu'il était peut-être encore un peu tôt pour oser sortir une version horrifique d'un classique de la littérature française. Peut-être parce qu'ils supposaient que le lectorat de manga cherchait avant tout de l'exotisme, des récits qu'ils ne connaissaient pas et qui les dépaysent. Peut-être ont-ils ignoré son existence... ou est-ce lié au style graphique de Kanako Inuki ? Il est vrai qu'à la première approche, quelqu'un ayant comme préférence un dessin léché et esthétique aura sans doute du mal avec le dessin de l'autrice. ''Qu'est-ce que ç'a l'air laid !'' pourrait ainsi s'exclamer le quidam découvrant son œuvre, sans chercher à dépasser cette première impression. Les mangas à succès en France n'échappent guère à cette règle qu'il faut un titre cochant avant tout les cases d'un design populaire et commercialement attirant. Et Inuki ne remplit probablement pas ces critères au vu du désintérêt des éditeurs francophones. Quelle tristesse...
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_a82fa0_images-3.jpg)
Le Chant de l'Alouette - Alouette no Uta en VO - est donc un manga de Kanako Inuki librement adapté des Misérables. D'abord prépublié dans le Gekkan Horror M, un magazine de l'éditeur Bunkasha destiné à un lectorat féminin adolescent, sa parution s'étalera ensuite en 7 tomes reliés entre juillet 2000 et avril 2003. Il n'existe qu'une seule édition papier, l'originale, que l'on peut encore dénicher sur certains sites d'occasion ou très certainement au Japon dans des librairies type Book-Off. Devant ce constat, il serait tentant de s'interroger sur le succès du Chant de l'Alouette et surtout sur les choix qu'a entrepris Inuki dans cette adaptation assez particulière. Son Chant de l'Alouette reprend les bases de l'histoire de Cosette en faisant commencer le manga par l'arrivée de la fillette chez les Thénardier. Au début, on reste en terrain connu : Fantine confie sa fille et se rend à Montreuil-sur-Mer chercher un emploi ; très vite, les Thénardier obligent Cosette à devenir leur servante à tout faire et la maltraitent cruellement. Ce sont les quelques lignes du roman décrivant le calvaire vécu au quotidien par l'enfant qui serviront de départ pour les trois premiers tomes du Chant de l'Alouette.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_18b2e4_1000028738.jpg)
Pour mettre en scène ce cauchemar que fut le quotidien de la fillette, Inuki emploie une technique qu'elle maîtrise tout particulièrement : l'horreur psychologique. Dans son récit, point de fantôme, d'ogre ou de femme à la bouche fendue : les monstres existent réellement, mais n'ont rien de surnaturel ni d'inhumain. Ils sont cruels, violents, sadiques, manipulateurs. Chez Inuki, ces créatures infernales se nomment les Thénardier. En apparence, ils ne dégagent rien de particulièrement sympathique et donnent l'impression de grotesques figures caricaturales, comme Inuki en a le secret. Mais il suffit de commencer la lecture du premier tome pour comprendre qu'ici, nous ne sommes pas dans une pension de charité. Cosette, ''l'alouette'' du titre, est son souffre-douleur ; de la même manière qu'un sac de sable sert d'objet d'entraînement au boxeur, Cosette sert d'exutoire à la Thénardier. Tout cela, on le sait déjà lorsqu'on a déjà vu ou lu un tant soi peu l'œuvre des Misérables. La maltraitance dont Cosette fait l'objet est un thème phare du roman. Pourtant, cette maltraitance a rarement été montrée explicitement ou alors de manière très édulcorée. Il arrive que l'on voit, dans certaines adaptations, notamment au cinéma, la Thénardier repousser Cosette ou lui hurler dessus, lever son balai, mais rarement on détaille le calvaire vécu par l'enfant durant cinq longues années.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_86d982_1000028740.jpg)
Au cinéma, on n'a pas le temps : le choix de réduire le quotidien de Cosette chez les Thénardier à l'essentiel peut aisément se comprendre. À la télévision, il y eut des essais plus ou moins convaincants, à l'instar de la série Beomjoeja ( 도둑), diffusée en Corée du Sud au milieu des années 90, qui prend un peu le temps de décrire le quotidien de misère et de violence dans lequel doit grandir la fillette. Le manga d'Arai ne décrit que très peu ce quotidien, alors qu'il en aurait l'occasion. Sa Cosette, si quelques indices dans son expression laissent présager du cauchemar qu'elle vit au quotidien, ne présente d'ailleurs pas tant de traces de maltraitance. Pourtant, Inuki s'adresse à un public similaire à celui d'Arai (les jeunes adolescents) et son public est même majoritairement féminin. Il est toutefois vrai que son public était habitué à ses récits d'horreur et se régalaient alors des magazines dans lesquelles elle publiait ses bandes-dessinées. Inuki devait donc savoir ce qu'attendaient ses lectrices.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_b84068_1000028741.jpg)
Inuki va donc profiter de cette période des cinq ans de Cosette chez les Thénardier pour construire la trame narrative de ses trois premiers tomes. Fidèle à son style, elle ne prend jamais de gants dès lors qu'il s'agit de développer autour du martyr de l'enfant. Tout y passe : coups, humiliations, privations, violence verbale, travail forcé... Inuki n'oublie rien et suit très fidèlement les indications laissées par Victor Hugo. De temps à autre, elle rajoute des scènes issues de son imagination, mais qui pourraient aisément s'incruster dans les chapitres concernés. Un exemple typique est ce passage dans le tome 2 : alors qu'elle se retrouve en pleine forêt en train de puiser l'eau d'un étang en grande partie gelé, la glace s'effondre sous le poids d'Éponine et Azelma occupée à patiner. En tentant de leur venir en aide, Cosette se retrouve prise au piège et manque de se noyer. Seul un brave homme, témoin de l'accident, lui viendra en aide.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_72105b_1000028746.jpg)
Durant cette scène, Inuki exploite conjointement son sens de l'horreur situationnelle (Cosette se retrouve en danger de mort), plutôt vécu par la lectrice, que l'horreur psychologiquement au travers des yeux de la petite fille. Ce sentiment d'horreur est accentué par le constat que se font à la fois la lectrice et le personnage de Cosette : alors qu'elle venait secourir Éponine, pourtant son deuxième bourreau au quotidien, elle manque de perdre la vie ; pourtant, pas une fois Éponine ne va tenter de lui venir en aide ou même au moins chercher du secours. Elle préfère s'enfuir avec sa sœur, comme si de rien n'était. Les enfants peuvent se montrer aussi cruels que leurs propres parents... Après le sauvetage de Cosette et la très courte charité dont elle profite dans la cabane de son sauveur, le cauchemar ne met pas longtemps à revenir. Doublement même, car c'est après ce chapitre qu'Inuki va commencer à adapter la lente déchéance de Fantine, de concert avec celle de sa fille.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_b34371_1000028747.jpg)
Chez Arai, Cosette avait un aspect amaigri et vulnérable, mais conservait des traits enfantins propres à attendrir quelque adulte protecteur. Inuki est beaucoup plus réaliste : chez elle, Cosette va dépérir en même temps que sa mère tombe dans la déchéance puis dans la prostitution. L'enfant, déjà passablement amaigrie dans les deux premiers tomes, va finir par ressembler, au cours du troisième tome, à une figure cadavérique qui erre au fil des cases. Nous ne sommes pas loin de certains reportages traitant sans filtre de la famine dans certaines des régions les plus défavorisées. Chacune de ses apparitions quasi fantomatiques provoque alors effroi et répulsion chez les différents témoins, majoritairement les habitants de Montfermeil.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_2fe418_1000028748.jpg)
Étonnamment, Inuki profite de cette période dans le tome 3 pour faire apparaître Marius pour la toute première fois. Dans le roman, celui-ci ne rencontre sa future épouse qu'une fois devenu jeune homme, alors que Cosette sort à peine du couvent. Mais voilà, l'occasion était sans doute trop belle pour jeter les bases des prochains épisodes : ainsi, Marius encore enfant rencontre Éponine et Cosette à Paris, à l'occasion d'une cérémonie religieuse, durant laquelle les Thénardier mère et fille tentent de passer pour une famille aisée. Ce passage, issu exclusivement de l'imagination de l'autrice, peut sembler assez hors contexte aux lecteurs habitués du roman : comment la famille Thénardier, qui est loin de rouler sur l'or, même lorsqu'ils recevaient de manière régulière la pension de Cosette, peut-elle se rendre à Paris pour une simple cérémonie ?
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_77db23_1000028749.jpg)
Quant à Marius, il a facilement quelques années de plus que Cosette et Éponine, or ici il paraît être du même âge. Mais à l'instar de son Javert, dont l'uniforme ressemble davantage à celui d'un chef de police de l'ère Meiji qu'à un inspecteur parisien sous Charles X, Inuki ne s'en préoccupe pas. Marius devient ainsi, tout au long du manga, un personnage récurrent beaucoup plus tôt qu'il ne l'est à l'origine. C'est l'occasion pour la dessinatrice d'user d'un thème caractéristique de la fiction pour jeunes filles au Japon, à savoir la rivalité entre l'héroïne et une autre jeune fille (ici Éponine). Inuki remanie ainsi le récit de Victor Hugo à la fois pour correspondre à son style (l'horreur) et au public cible (les jeunes filles), mais pour autant - et cela peut paraître surprenant à la première lecture - Le Chant de l'Alouette respecte plutôt bien le roman. Bien entendu, elle use de certains raccourcis et fait des choix assez audacieux pour continuer à faire intervenir Éponine et Marius enfants durant le séjour de Cosette au couvent. Cosette va ainsi se déguiser à plusieurs reprises en garçon pour pouvoir rester auprès de son père adoptif ou passer inaperçue ; ce costume de garçonnet facilite d'ailleurs ironiquement sa première vraie rencontre avec Marius, bien des années avant qu'ils n'entament l'idylle qu'on leur connaît. Elle simplifie les engagements de Marius et des membres de l'ABC, le passé de Jean Valjean est à peine évoqué et la fin paraît précipitée, comme si l'autrice avait malheureusement dû terminer son manga au plus vite... Autre curiosité qui donne d'ailleurs son titre au manga : si Cosette s'appelle bien ainsi au début, elle est très vite renommée Alouette durant la majeure partie de l'histoire.
Là débute la distinction importante entre la proposition de Takahiro Arai - fidèle au roman, dans l'ensemble respectueuse du contexte historique et ne se permettant que quelques libertés occasionnelles - et celle de Kanako Inuki, qui prend un peu plus de libertés. Au fond, on pourrait résumer leurs œuvres ainsi : Arai réalise une transposition des Misérables, Inuki construit une nouvelle en œuvre inspirée du roman. Et c'est sans doute sur ce dernier point que l'habitué du roman, pour autant qu'il soit blasé par les nombreuses adaptations déjà existantes, pourrait y trouver un certain intérêt. Inuki propose une vision plutôt originale : extraire du vécu de certains personnages - Fantine et Cosette majoritairement - toute l'horreur physique et psychologique endurée et ainsi captiver la jeune lectrice. En s'appuyant ainsi sur le traumatisme ressenti par Cosette durant son enfance, mais aussi en donnant la place aux personnages féminins avant tout, Inuki parvient ainsi à donner un nouvel élan au roman.
Dans mon introduction, j'interrogeais l'implication des femmes dans les différentes adaptations, qu'elles aient eu lieu au cinéma, à la télévision ou en bande-dessinée. Elle s'est longtemps résumée à des postes exécutifs quand il ne s'agissait pas des actrices. Mais les choses commencent à bouger à l'orée du XXIe siècle... Alors qu'Inuki commence la publication de son manga, en France, Josée Dayan devient la première réalisatrice du pays à mettre en scène le roman de Victor Hugo. De la même manière que Kanako Inuki utilise Cosette comme personnage principal et s'intéresse avant tout aux personnages féminins, Josée Dayan s'attarde davantage sur le parcours de Fantine et tente de donner un peu plus de poids à Cosette devenue adulte. On peut reprocher certains de ses choix d'adaptation, il n'empêche que la meilleure partie de son adaptation reste - à mon sens - les épisodes centrés sur Fantine.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_c442d5_1000028744.jpg)
Après, nous l'avons vu dans la première partie, Inuki ne fait pas grand-chose de neuf par rapport à ses prédécesseurs. Au Japon, il était courant dès les années 20 ou 30, de proposer aux fillettes une version dans laquelle Cosette devient le personnage principal. Il est même possible qu'enfant, Inuki ait découvert le roman dans l'une de ces adaptations pour petites filles et qu'elle en ait retenu le concept pour son Chant de l'Alouette. Néanmoins, là où ces versions enfantines n'avaient pour seul but que l'éducation littéraire de jeunes enfants, le manga d'Inuki a un but essentiellement divertissant, tout en permettant ainsi aux lectrices de s'intéresser ensuite à l'œuvre originale. En quelque sorte, Inuki atteint ainsi plusieurs buts à la fois : proposer une nouvelle histoire effrayante et passionnante à ses fidèles lectrices, apporter un point de vue assez original par rapport aux précédentes adaptations, mettre en valeur des personnages féminins et faire découvrir un classique de la littérature aux jeunes filles.
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_d6be35_1000028751.jpg)
Longtemps restée seule adaptation sur le long terme, l'initiative de Kanako Inuki fera des petits au cours des deux dernières décennies. En 2006, la dessinatrice Machiko Satonaka, pilier du manga pour jeunes filles (et honteusement quasi inconnue en Francophonie), illustre pour la maison d'édition Kadokawa Corp. une réédition du roman en plusieurs tomes à destination d'un public adolescent. En 2014 sort le one-shot illustré par Sun Neko Lee (déjà présenté dans la Partie 1). En 2016, Junko Okada propose une adaptation ''pour adultes'' intitulée Manga Grimm Fairy Tales Sensual Fairy Tale for Adults 2 ~Les Misérables~ (inédite en français). Bon, d'après plusieurs retours, le résultat serait désastreux... Enfin, depuis 2024, la dessinatrice AKI publie en ligne son manga Les Misérables yori - L'Heure Bleue no tomora e, toujours en cours à l'heure actuelle et également inédit en français. Cette dernière version se concentre avant tout sur les membres de l'ABC et leur charismatique (et beau) leader Enjolras. Les femmes ont définitivement pris le relais des adaptations BD autour des Misérables !
/image%2F1165695%2F20260823%2Fob_644745_1000028756.jpg)
Là s'arrête cette partie 3 consacrée à l'œuvre de Kanako Inuki. Dans la prochaine et dernière partie, il sera question des adaptations à tendance humoristique et enfantine.

/image%2F1165695%2F20240927%2Fob_7d1299_5b4c71618aafa4bf46694afcef9a2dc3483069.gif)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_5f734a_extrait2.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_89f99a_2.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_7a2eda_img25.jpg)
/image%2F1165695%2F20260718%2Fob_2c46e8_images.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_6680c3_extrait1.jpg)
/image%2F1165695%2F20260718%2Fob_ee1d2f_vlcsnap-2026-07-18-11h20m25s310.png)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_8ac352_5.jpg)
/image%2F1165695%2F20250301%2Fob_95988a_image-1165695-20240929-ob-a62987-15.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_4a7cd8_img29.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_4995e9_12.jpg)
/image%2F1165695%2F20260718%2Fob_b369dd_f9446885798e2c5125483aec9d87c512.jpg)
/image%2F1165695%2F20260718%2Fob_014838_ecarpenter2.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_d15f15_img17-copie.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_4453e5_3.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_b2d3fa_img27.jpg)
/image%2F1165695%2F20240930%2Fob_c3d44b_img32.jpg)
/image%2F1165695%2F20240929%2Fob_6be225_11.jpg)
/image%2F1165695%2F20240930%2Fob_586cb0_img33.jpg)
/image%2F1165695%2F20240930%2Fob_65a5aa_8.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_231992_toriyama.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_f62ca1_img11.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_97b1b9_1.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_14821c_img15.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_bc85c4_5.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_d37eef_7.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_d06033_img18.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_878013_img20.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_8fd4ff_8.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_032750_9.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_429201_10.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_371c49_img24.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_602387_14.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_2ca873_img25.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_b06723_15.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_47dec7_16.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_c3db89_img26.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_a7be3a_17.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_3e48d4_18.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_cad64c_img29.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_15aced_11.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_edb041_12.jpg)
/image%2F1165695%2F20241003%2Fob_43168c_6.jpg)
/image%2F1165695%2F20250306%2Fob_3d8e00_img49a-jpg.jpeg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_b25f4b_5.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_90cca3_7.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_efbfa0_9.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_57defd_13.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_cb2bb3_img50.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_4d3d4a_img51.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_8117fe_17.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_3adf4b_18.jpg)
/image%2F1165695%2F20241002%2Fob_9b76b9_19.jpg)
/image%2F1165695%2F20241003%2Fob_213374_img39.jpg)
/image%2F1165695%2F20260710%2Fob_1e096c_jules-cheret-les-miserables-par-victor.jpg)



/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_a5e5bf_image-1165695-20250303-ob-403577-20250.jpg)

/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_f43d39_9782344043479-1-75.jpg)
/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_130602_couv-377095.jpg)


/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_9df96f_planchea-486488.jpg)


/image%2F1165695%2F20260707%2Fob_7610eb_bt7vo3xceaabh8c.jpg)
/image%2F1165695%2F20260710%2Fob_382670_i-img1200x1200-1641918355a0mo1u723104.jpg)
/image%2F1165695%2F20260710%2Fob_a64255_i-img423x572-1623666291b5xkex24270.jpg)
/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_070219_wo6499.jpg)
/image%2F1165695%2F20260710%2Fob_a130aa_105880516.jpg)
/image%2F1165695%2F20260709%2Fob_1a4ccd_20190614170133162034-b72bbe353052baecf.jpg)

/image%2F1165695%2F20260717%2Fob_3f923c_m50257177732-1.jpg)




/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_fb87a7_jfzkvo7qxwntrkfhfapjsa4ppn-1200x675.jpg)
/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_81a780_roger-rabbit.png)

/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_11796f_qui-veut-la-peau-de-roger-rabbit-1988.jpg)
/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_e11c19_sddefault.jpg)
/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_1e0336_who-framed-roger-featured.jpg)
/image%2F1165695%2F20260628%2Fob_433eb6_618c6e0c6bf350baf2569afdb94546bf.jpg)

/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_2e3b46_le-prix-du-succes-slider.jpg)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_a7d2bd_d52536818a72d848812dac472b4479b29d9b9c.jpg)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_1fb33e_images.jpg)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_bd9f2b_vlcsnap-2026-06-17-21h54m04s734.png)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_a77529_maxresdefault.jpg)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_3198c1_vlcsnap-2026-06-17-22h40m31s911.png)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_def466_vlcsnap-2026-06-17-22h03m42s880.png)
/image%2F1165695%2F20260617%2Fob_5307af_88be80df88492a191087bc0d2b84c7fc.jpg)


/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_042dde_vlcsnap-2018-10-26-21h54m38s621.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_de3778_best-anime-like-mushishi.jpg)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_49cb05_vlcsnap-2018-10-26-22h07m29s002.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_a1a116_vlcsnap-2026-01-10-19h37m57s997.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_8de907_vlcsnap-2026-01-10-20h09m32s462.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_4c2e91_vlcsnap-2017-12-10-23h14m33s399.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_37c8bc_vlcsnap-2018-10-26-23h55m31s639.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_87935b_vlcsnap-2018-10-26-21h29m51s360.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_f25e86_vlcsnap-2018-10-26-23h08m05s694.png)
/image%2F1165695%2F20260527%2Fob_b10af4_vlcsnap-2018-10-26-22h08m49s778.png)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_22eb86_dans-la-nuit.jpg)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_d199b9_la-nuit-merveilleuse.jpg)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_03db8d_3839521.jpg)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_2f1a38_pecheur-islande-c-films-jacques-de-ba.jpg)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_f28cab_vlcsnap-2025-11-25-21h49m33s429.png)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_7e528b_dans-la-nuit-2400.jpg)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_4926ef_images-w1400.png)
/image%2F1165695%2F20251125%2Fob_caa23b_phphgtpai.jpg)
/image%2F1165695%2F20251113%2Fob_b87b9a_judex-poster.jpg)
/image%2F1165695%2F20251113%2Fob_95fe38_img-2-small480.jpg)
/image%2F1165695%2F20251113%2Fob_061e78_mv5bnwixodczzgytodzmyy00nzmzltk2nzetm2.jpg)
/image%2F1165695%2F20251113%2Fob_aad51b_vlcsnap-2025-07-20-23h08m05s179.png)
/image%2F1165695%2F20251117%2Fob_cfa4f3_vlcsnap-2025-11-17-19h14m15s495.png)
/image%2F1165695%2F20251117%2Fob_c723ea_vlcsnap-2025-11-17-19h11m57s841.png)
/image%2F1165695%2F20251117%2Fob_e19574_vlcsnap-2025-11-17-21h31m53s247.png)
/image%2F1165695%2F20251117%2Fob_ba8157_vlcsnap-2025-11-17-19h49m59s351.png)
/image%2F1165695%2F20251119%2Fob_f773c7_vlcsnap-2025-08-08-22h36m40s693.png)
/image%2F1165695%2F20251119%2Fob_bbd0e4_vlcsnap-2025-11-19-22h30m02s600.png)
/image%2F1165695%2F20251119%2Fob_6ef6c7_vlcsnap-2025-11-19-23h28m45s813.png)
/image%2F1165695%2F20251119%2Fob_5c8c5e_vlcsnap-2025-11-19-23h42m45s938.png)
/image%2F1165695%2F20251120%2Fob_a99fc7_vlcsnap-2025-11-20-08h07m12s694.png)
/image%2F1165695%2F20251120%2Fob_aae687_vlcsnap-2025-11-20-11h52m03s543.png)
/image%2F1165695%2F20251120%2Fob_3b1b8b_vlcsnap-2025-11-20-13h05m06s536.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_6f84bc_vlcsnap-2025-11-23-17h51m31s902.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_824fbd_vlcsnap-2025-11-23-17h52m02s663.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_8f613a_vlcsnap-2025-11-23-20h03m29s312.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_b9d1a0_vlcsnap-2025-11-23-20h48m03s449.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_b128b7_vlcsnap-2025-11-23-21h40m58s135.png)
/image%2F1165695%2F20251123%2Fob_1f08ce_vlcsnap-2025-11-23-22h06m12s089.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_a9966b_vlcsnap-2025-11-24-07h11m37s095.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_70cedd_vlcsnap-2025-11-24-12h53m13s944.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_bd3357_vlcsnap-2025-11-24-13h01m14s341.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_201344_vlcsnap-2025-11-24-15h19m26s454.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_28dab0_vlcsnap-2025-11-24-17h43m33s174.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_381e45_vlcsnap-2025-11-24-17h48m56s328.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_89f390_vlcsnap-2025-11-24-17h57m39s810.png)
/image%2F1165695%2F20251124%2Fob_b09e5e_vlcsnap-2025-11-24-18h40m30s589.png)
/image%2F1165695%2F20250619%2Fob_33a8b7_la-maison-du-mystere.jpg)
/image%2F1165695%2F20250728%2Fob_b26e3a_771285027.jpg)
/image%2F1165695%2F20250728%2Fob_a23584_sabreauclair.jpg)
/image%2F1165695%2F20250728%2Fob_feb3ce_roger-la-honte-couverture-2.jpg)
/image%2F1165695%2F20250728%2Fob_15fc48_la-revanche-de-roger-la-honte.jpg)
/image%2F1165695%2F20250730%2Fob_33e6ab_vlcsnap-2025-07-30-20h36m11s854.png)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_3bfae1_1149012.webp)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_97937c_7dfb9-michael-strogoff-cover.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_b4fdf6_02427-michael-strogoff-post-card-2.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_e73c42_4309765856-4f7492d597-b.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_a62457_helene-darly-photo-89590-33417.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_c4a94c_ebwekdmwkaagy5k.png)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_6c6ac3_vlcsnap-2025-06-19-23h26m25s276.png)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_dba613_v-45846.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_281c03_mv5bzja3zwqzzgmtmdm5ni00zwrhltlkntytnj.jpg)
/image%2F1165695%2F20250731%2Fob_9f67f7_simone-genevois-film-pathe-natan.jpg)
/image%2F1165695%2F20250223%2Fob_46a99a_lesmisrables1998.jpg)
/image%2F1165695%2F20250223%2Fob_ed0a1b_vlcsnap-2024-12-04-22h14m09s068.png)
/image%2F1165695%2F20250223%2Fob_563ccc_vlcsnap-2025-02-02-12h42m03s641.png)

/image%2F1165695%2F20250223%2Fob_ab2410_vlcsnap-2025-02-02-14h04m39s709.png)
/image%2F1165695%2F20250223%2Fob_fe3c98_vlcsnap-2025-02-02-14h04m53s927.png)
